Une prise de sang ne pose pas un diagnostic : elle apporte des arguments que le médecin confronte à l'examen clinique, à l'imagerie et à votre histoire. Voici, pour les situations les plus recherchées, ce que la biologie apporte réellement et les marqueurs qui comptent.
Anémie par carence en fer
La cause la plus fréquente d'anémie, surtout chez la femme réglée. L'hémoglobine basse avec un VGM diminué met sur la piste, et une ferritine effondrée signe l'épuisement des réserves — à condition qu'aucune inflammation ne vienne la relever artificiellement. Reste ensuite à trouver d'où part la perte de sang, ce qu'aucune prise de sang ne dira.
HémoglobineVGMFerritineCSTPlaquettes
Anémie par carence en vitamine B12 ou en folates
Une anémie avec de gros globules rouges fait doser la B12 et les folates ensemble. Ces dosages orientent fortement, mais ils ne disent pas si la carence vient de l'alimentation, d'un défaut d'absorption ou d'un traitement au long cours.
VGMVitamine B12FolatesHémoglobine
Stéatose hépatique (foie gras)
Découverte le plus souvent par hasard devant des transaminases un peu hautes. Une ALAT modérément élevée avec une gamma-GT augmentée, des triglycérides hauts et une HbA1c qui grimpe rend le diagnostic probable, mais c'est l'échographie qui le confirme.
ALATgamma-GTTriglycéridesHbA1c
Atteinte hépatique liée à l'alcool
Aucun paramètre ne prouve une consommation d'alcool. C'est le profil qui parle : gamma-GT plus élevée que les transaminases, ASAT au-dessus des ALAT et un VGM augmenté sans carence vitaminique retrouvée.
gamma-GTASATALATVGM
Cirrhose
Quand le foie se fibrose, ce ne sont plus les enzymes qui alertent mais la fonction : albumine et TP qui baissent, bilirubine qui monte, plaquettes qui chutent avec l'hypertension portale. Élastographie et imagerie restent indispensables.
AlbumineTaux de prothrombineBilirubine totalePlaquettes
Diabète de type 2 et prédiabète
Le diagnostic tient à des seuils précis, mais jamais à un chiffre unique : il faut deux glycémies à jeun supérieures ou égales à 1,26 g/L, ou une HbA1c à 6,5 % ou plus, contrôlée sur un second prélèvement. Entre 1,10 et 1,25 g/L on parle d'hyperglycémie modérée à jeun, une zone où le bilan lipidique et le tour de taille pèsent autant que le sucre.
Glycémie à jeunHbA1cTriglycéridesHDL-cholestérol
Maladie rénale chronique
Les reins perdent leur fonction longtemps sans aucun symptôme. C'est le DFG estimé, confirmé sur au moins trois mois, associé à la recherche de protéines dans les urines, qui classe la maladie en stades ; une créatinine isolée ne suffit jamais.
CréatininémieDFGUrée sanguinePotassium
Dyslipidémie et risque cardiovasculaire
Le bilan lipidique ne mesure pas un risque à lui seul : il entre dans une équation avec l'âge, la tension, le tabac et les antécédents familiaux. Le LDL est la cible du traitement, la Lp(a) explique certains risques familiaux inexpliqués.
LDL-cholestérolHDL-cholestérolTriglycéridesLipoprotéine (a)
Hypothyroïdie et thyroïdite de Hashimoto
Une TSH élevée avec une T4 libre normale oriente vers une hypothyroïdie fruste, à confirmer sur un second prélèvement quelques semaines plus tard : une TSH isolée fluctue beaucoup. La présence d'anticorps anti-TPO explique l'origine auto-immune mais ne suffit pas à décider d'un traitement.
TSHT4Lanti-TPO
Hyperthyroïdie
Une TSH effondrée avec T4 et T3 libres hautes traduit une thyroïde qui s'emballe. La biologie confirme l'excès hormonal, mais c'est la scintigraphie ou l'échographie qui distinguent une maladie de Basedow d'un nodule autonome.
TSHT4LT3L
Goutte et hyperuricémie
Un acide urique élevé n'est pas une goutte : beaucoup de personnes concernées n'auront jamais de crise. Et pendant la crise elle-même, l'uricémie peut être normale alors que la CRP et les leucocytes signalent l'inflammation articulaire.
Acide uriqueCRPLeucocytesCréatininémie
Carence en vitamine D
Sous nos latitudes, les taux sont bas d'octobre à avril chez une large part de la population. On dose la forme de réserve 25-OH ; la calcémie, les phosphatases alcalines et la PTH indiquent si la carence retentit déjà sur l'os.
25-OH-vitamine DCalciumPhosphatases alcalinesPTH
Infection aiguë et syndrome inflammatoire
La biologie aide à mesurer l'intensité d'une inflammation et à en deviner le mécanisme. Une CRP franchement haute avec des polynucléaires neutrophiles évoque une infection bactérienne, une lymphocytose relative plutôt une virose.
CRPLeucocytesPNNLymphocytesVS
Lupus et maladies à complexes immuns
Le complément se consomme quand des complexes immuns circulent : un C3 et un C4 qui baissent ensemble, chez une personne suivie pour un lupus, accompagnent souvent une poussée. Le diagnostic, lui, repose sur un faisceau clinique et immunologique.
C3, C4CRPVSPlaquettes
Hémochromatose et surcharge en fer
Le miroir de la carence martiale, et une maladie génétique fréquente en Europe de l'Ouest. Un coefficient de saturation durablement supérieur à 45 % avec une ferritine haute justifie une recherche génétique avant que le foie ne souffre.
CSTFerritineALATGlycémie à jeun