Marqueurs et maladies

Marqueurs sanguins et maladies

Cette page rassemble les paramètres réellement imprimés sur un compte rendu de laboratoire français, regroupés dans l'ordre où ils y figurent. Elle s'adresse à toute personne qui a ses résultats sous les yeux et veut savoir ce que mesure chaque ligne avant d'en parler à son médecin.

Paramètres biologiques

Tous les marqueurs, dans l'ordre du compte rendu

Un compte rendu commence presque toujours par la numération formule sanguine et se termine par les vitamines et les marqueurs de l'inflammation. Les six blocs ci-dessous suivent exactement cet ordre, pour que vous puissiez lire en parallèle sans sauter d'une page à l'autre.

Hémogramme (NFS)

Leucocytes GB
Nombre total de globules blancs : monte dans les infections bactériennes et sous corticoïdes, baisse dans certaines viroses.
Hématies GR
Nombre de globules rouges par litre : peu parlant isolément, il ne s'interprète qu'avec l'hémoglobine et le VGM.
Hémoglobine Hb
Le pigment qui transporte l'oxygène : c'est ce chiffre, et non les hématies, qui définit une anémie.
Hématocrite Hte
Part du volume sanguin occupée par les globules rouges : baisse en cas d'anémie, monte dès qu'on est déshydraté.
Volume globulaire moyen VGM
Taille moyenne des globules rouges : oriente vers une anémie microcytaire par carence en fer, macrocytaire par carence en B12.
Teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine TCMH
Quantité d'hémoglobine par globule rouge : suit en général le VGM et confirme le type d'anémie retenu.
Plaquettes Plq
Éléments sanguins qui colmatent les brèches des vaisseaux : un chiffre bas expose aux saignements, un chiffre haut accompagne l'inflammation et la carence en fer.
Polynucléaires neutrophiles PNN
Première ligne de défense antibactérienne : très augmentés dans les infections aiguës, effondrés sous chimiothérapie.
Lymphocytes
Cellules de l'immunité acquise : proportion élevée dans les viroses, une élévation durable mérite un avis hématologique.

Foie, voies biliaires et pancréas

Alanine aminotransférase ALAT, TGP
L'enzyme la plus spécifique du foie : s'élève quand les cellules hépatiques souffrent, quelle qu'en soit la cause.
Aspartate aminotransférase ASAT, TGO
Présente dans le foie mais aussi le cœur et le muscle : elle monte après un effort intense sans hépatopathie.
Gamma-glutamyl-transférase gamma-GT
Enzyme des voies biliaires, très sensible à l'alcool, aux médicaments et à la stéatose, mais jamais spécifique d'une cause.
Phosphatases alcalines PAL
Origine biliaire et osseuse : élevées en cas de cholestase, physiologiquement hautes chez l'adolescent et la femme enceinte.
Bilirubine totale
Produit de dégradation de l'hème des globules rouges : discrètement haute dans le syndrome de Gilbert, franchement haute elle donne l'ictère.
Albumine
Principale protéine fabriquée par le foie : elle baisse dans l'insuffisance hépatique, mais aussi sous l'effet d'une dénutrition, d'une inflammation prolongée ou d'une fuite rénale.
Taux de prothrombine TP
Activité des facteurs de coagulation fabriqués par le foie, rendue en pourcentage : un TP qui chute signe une vraie perte de fonction hépatique, tandis que l'INR imprimé à côté sert surtout à surveiller les anti-vitamine K.
Lipase
Enzyme pancréatique : son élévation franche, plus de trois fois la normale, oriente vers une pancréatite aiguë.

Rein, électrolytes et acide urique

Créatininémie créatinine
Déchet musculaire filtré par le rein : dépend de la masse musculaire, ne se lit jamais sans le DFG.
Débit de filtration glomérulaire estimé DFG, CKD-EPI
Capacité de filtration des reins estimée d'après la créatinine, l'âge et le sexe, rapportée à 1,73 m² : c'est elle, et non la créatinine seule, qui classe la maladie rénale en stades.
Urée sanguine urée
Déchet azoté des protéines : monte avec l'insuffisance rénale mais aussi avec la déshydratation et un régime très protéiné.
Sodium natrémie
Reflète surtout l'équilibre de l'eau dans l'organisme : une natrémie basse est un trouble fréquent et parfois médicamenteux.
Potassium kaliémie
Indispensable au rythme cardiaque : les valeurs extrêmes sont urgentes, mais un tube mal prélevé fausse souvent le résultat.
Calcium calcémie
Se corrige toujours selon l'albumine : une calcémie haute fait chercher la parathormone, une calcémie basse la vitamine D.
Acide urique uricémie
Produit final des purines : un taux élevé prédispose à la goutte et aux calculs, sans crise obligatoire.

Glycémie et bilan lipidique

Glycémie à jeun
Sucre sanguin après au moins huit heures de jeûne, rendu en g/L et en mmol/L : c'est à partir de 1,26 g/L, sur deux prélèvements, que l'on parle de diabète.
Hémoglobine glyquée HbA1c
Moyenne des glycémies des deux à trois derniers mois : insensible au repas de la veille, elle juge un équilibre durable et non un chiffre isolé.
Cholestérol total CT
Somme de toutes les fractions : utile seulement replacé à côté du LDL et du HDL qui le composent. Lire le guide
LDL-cholestérol LDL-c
La fraction qui dépose le cholestérol dans les artères : la cible principale de la prévention cardiovasculaire. Lire le guide
HDL-cholestérol HDL-c
La fraction qui ramène le cholestérol vers le foie : un HDL bas pèse dans le risque calculé. Lire le guide
Triglycérides TG
Graisses circulantes très sensibles au dernier repas et à l'alcool : un prélèvement sans jeûne suffit en dépistage, le jeûne de douze heures ne s'impose que si elles sont déjà élevées. Lire le guide
Lipoprotéine (a) Lp(a)
Facteur de risque en grande partie génétique, stable toute la vie : un seul dosage suffit, rarement fait en routine. Lire le guide

Thyroïde et hormones

Thyréostimuline TSH
Hormone hypophysaire qui commande la thyroïde : premier test demandé, elle varie en sens inverse de la fonction thyroïdienne.
Thyroxine libre T4L, FT4
Hormone thyroïdienne circulante active : elle précise si une TSH anormale correspond à un trouble vrai ou infraclinique.
Triiodothyronine libre T3L, FT3
Forme la plus active : surtout utile dans l'hyperthyroïdie, sans intérêt pour dépister une thyroïde paresseuse.
Anticorps anti-thyroperoxydase anti-TPO
Signent une thyroïdite auto-immune de Hashimoto : leur présence explique une hypothyroïdie mais ne mesure pas sa sévérité.
Cortisol de 8 heures
Hormone du stress, très dépendante de l'heure du prélèvement : ne s'interprète qu'avec le contexte clinique et le rythme.
Testostérone totale
Se prélève le matin à jeun chez l'homme : un chiffre bas isolé doit toujours être contrôlé avant toute conclusion.
Parathormone PTH
Règle le calcium du sang et le remodelage osseux : elle ne se lit jamais seule, toujours en regard de la calcémie et de la vitamine D.

Fer, vitamines et inflammation

Fer sérique sidérémie
Fer circulant à l'instant du prélèvement : varie de moitié dans la journée, donc inutile pour juger seul des réserves.
Ferritine
Reflet des réserves en fer : basse elle affirme la carence, mais l'inflammation la fait monter et peut la masquer.
Coefficient de saturation de la transferrine CST
Part de la transferrine chargée en fer : bas dans la carence, durablement haut il fait chercher une hémochromatose.
Vitamine B12 cobalamine
Indispensable au renouvellement des globules rouges et au bon fonctionnement des nerfs : sa carence donne une anémie macrocytaire et des fourmillements.
Folates vitamine B9
Se dose avec la B12 devant un VGM élevé : carence fréquente en cas d'alcoolisme ou de grossesse.
25-OH-vitamine D
Forme de réserve de la vitamine D : régulièrement basse en hiver sous nos latitudes, sans maladie associée.
Protéine C réactive CRP
Protéine de l'inflammation qui monte en quelques heures : elle chiffre l'intensité mais ne dit jamais la cause.
Vitesse de sédimentation VS
Marqueur lent et peu spécifique : elle reste haute longtemps après la guérison et augmente avec l'âge et l'anémie.
Fractions C3 et C4 du complément C3, C4
Protéines de l'immunité innée : leur baisse conjointe oriente vers un lupus ou une maladie à complexes immuns. Lire le guide

Maladies et situations cliniques

Ce que les analyses apportent, maladie par maladie

Une prise de sang ne pose pas un diagnostic : elle apporte des arguments que le médecin confronte à l'examen clinique, à l'imagerie et à votre histoire. Voici, pour les situations les plus recherchées, ce que la biologie apporte réellement et les marqueurs qui comptent.

Anémie par carence en fer

La cause la plus fréquente d'anémie, surtout chez la femme réglée. L'hémoglobine basse avec un VGM diminué met sur la piste, et une ferritine effondrée signe l'épuisement des réserves — à condition qu'aucune inflammation ne vienne la relever artificiellement. Reste ensuite à trouver d'où part la perte de sang, ce qu'aucune prise de sang ne dira.

HémoglobineVGMFerritineCSTPlaquettes

Anémie par carence en vitamine B12 ou en folates

Une anémie avec de gros globules rouges fait doser la B12 et les folates ensemble. Ces dosages orientent fortement, mais ils ne disent pas si la carence vient de l'alimentation, d'un défaut d'absorption ou d'un traitement au long cours.

VGMVitamine B12FolatesHémoglobine

Stéatose hépatique (foie gras)

Découverte le plus souvent par hasard devant des transaminases un peu hautes. Une ALAT modérément élevée avec une gamma-GT augmentée, des triglycérides hauts et une HbA1c qui grimpe rend le diagnostic probable, mais c'est l'échographie qui le confirme.

ALATgamma-GTTriglycéridesHbA1c

Atteinte hépatique liée à l'alcool

Aucun paramètre ne prouve une consommation d'alcool. C'est le profil qui parle : gamma-GT plus élevée que les transaminases, ASAT au-dessus des ALAT et un VGM augmenté sans carence vitaminique retrouvée.

gamma-GTASATALATVGM

Cirrhose

Quand le foie se fibrose, ce ne sont plus les enzymes qui alertent mais la fonction : albumine et TP qui baissent, bilirubine qui monte, plaquettes qui chutent avec l'hypertension portale. Élastographie et imagerie restent indispensables.

AlbumineTaux de prothrombineBilirubine totalePlaquettes

Diabète de type 2 et prédiabète

Le diagnostic tient à des seuils précis, mais jamais à un chiffre unique : il faut deux glycémies à jeun supérieures ou égales à 1,26 g/L, ou une HbA1c à 6,5 % ou plus, contrôlée sur un second prélèvement. Entre 1,10 et 1,25 g/L on parle d'hyperglycémie modérée à jeun, une zone où le bilan lipidique et le tour de taille pèsent autant que le sucre.

Glycémie à jeunHbA1cTriglycéridesHDL-cholestérol

Maladie rénale chronique

Les reins perdent leur fonction longtemps sans aucun symptôme. C'est le DFG estimé, confirmé sur au moins trois mois, associé à la recherche de protéines dans les urines, qui classe la maladie en stades ; une créatinine isolée ne suffit jamais.

CréatininémieDFGUrée sanguinePotassium

Dyslipidémie et risque cardiovasculaire

Le bilan lipidique ne mesure pas un risque à lui seul : il entre dans une équation avec l'âge, la tension, le tabac et les antécédents familiaux. Le LDL est la cible du traitement, la Lp(a) explique certains risques familiaux inexpliqués.

LDL-cholestérolHDL-cholestérolTriglycéridesLipoprotéine (a)

Hypothyroïdie et thyroïdite de Hashimoto

Une TSH élevée avec une T4 libre normale oriente vers une hypothyroïdie fruste, à confirmer sur un second prélèvement quelques semaines plus tard : une TSH isolée fluctue beaucoup. La présence d'anticorps anti-TPO explique l'origine auto-immune mais ne suffit pas à décider d'un traitement.

TSHT4Lanti-TPO

Hyperthyroïdie

Une TSH effondrée avec T4 et T3 libres hautes traduit une thyroïde qui s'emballe. La biologie confirme l'excès hormonal, mais c'est la scintigraphie ou l'échographie qui distinguent une maladie de Basedow d'un nodule autonome.

TSHT4LT3L

Goutte et hyperuricémie

Un acide urique élevé n'est pas une goutte : beaucoup de personnes concernées n'auront jamais de crise. Et pendant la crise elle-même, l'uricémie peut être normale alors que la CRP et les leucocytes signalent l'inflammation articulaire.

Acide uriqueCRPLeucocytesCréatininémie

Carence en vitamine D

Sous nos latitudes, les taux sont bas d'octobre à avril chez une large part de la population. On dose la forme de réserve 25-OH ; la calcémie, les phosphatases alcalines et la PTH indiquent si la carence retentit déjà sur l'os.

25-OH-vitamine DCalciumPhosphatases alcalinesPTH

Infection aiguë et syndrome inflammatoire

La biologie aide à mesurer l'intensité d'une inflammation et à en deviner le mécanisme. Une CRP franchement haute avec des polynucléaires neutrophiles évoque une infection bactérienne, une lymphocytose relative plutôt une virose.

CRPLeucocytesPNNLymphocytesVS

Lupus et maladies à complexes immuns

Le complément se consomme quand des complexes immuns circulent : un C3 et un C4 qui baissent ensemble, chez une personne suivie pour un lupus, accompagnent souvent une poussée. Le diagnostic, lui, repose sur un faisceau clinique et immunologique.

C3, C4CRPVSPlaquettes

Hémochromatose et surcharge en fer

Le miroir de la carence martiale, et une maladie génétique fréquente en Europe de l'Ouest. Un coefficient de saturation durablement supérieur à 45 % avec une ferritine haute justifie une recherche génétique avant que le foie ne souffre.

CSTFerritineALATGlycémie à jeun

Déposez votre compte rendu et lisez-le en clair

Importez le PDF ou la photo de vos analyses. Chaque paramètre est replacé dans ses valeurs usuelles, les écarts sont expliqués en tenant compte des autres résultats, et ce qui mérite un avis médical est clairement signalé.

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Il s'agit d'une information santé : elle ne remplace pas la consultation et ne constitue pas un diagnostic.

Questions fréquentes

Vos questions sur les résultats de laboratoire

Une plage de référence couvre les 95 % centraux d'une population en bonne santé. Par construction, une personne sur vingt se situe donc en dehors sans être malade. Un paramètre isolé qui dépasse de peu, sans aucun symptôme, appelle en général un simple contrôle. Il devient parlant quand plusieurs marqueurs cohérents varient dans le même sens, ou quand le même chiffre continue de se déplacer d'un bilan à l'autre.

Les laboratoires français rendent historiquement la glycémie en grammes par litre et ajoutent la valeur internationale en millimoles par litre. Les deux décrivent la même chose : 1 g/L correspond à environ 5,5 mmol/L, et le seuil de 1,26 g/L équivaut à 7,0 mmol/L. Quand vous comparez des bilans anciens ou étrangers, vérifiez toujours quelle unité est utilisée avant de conclure à une évolution.

Pas pour la NFS ni pour la plupart des dosages. Le jeûne de huit à douze heures reste demandé pour la glycémie et l'insuline ; pour le bilan lipidique, il n'est plus systématique et ne se justifie que si les triglycérides sont déjà élevés. L'eau est autorisée, le café et le tabac non. L'heure compte également : le cortisol et la testostérone se prélèvent le matin, et le fer sérique varie fortement au cours de la journée.

Parce qu'elles dépendent de la technique de dosage et de l'automate utilisé. Si votre laboratoire change de réactif, les bornes bougent alors que rien n'a changé dans votre organisme. Comparez donc toujours un résultat à la plage imprimée à côté de lui sur le même compte rendu, et non à un tableau trouvé en ligne.

Oui. TGO et TGP sont les anciennes appellations françaises des transaminases, remplacées par ASAT et ALAT ; certains comptes rendus impriment encore les deux. L'ALAT est la plus spécifique du foie, l'ASAT se trouve aussi dans le cœur et le muscle, et la gamma-GT provient des voies biliaires. C'est le rapport entre ces trois valeurs, bien plus que chacune prise isolément, qui oriente le médecin.

Non. Des analyses normales rendent improbables certaines situations, comme une anémie importante ou une infection bactérienne évolutive, mais elles n'excluent ni les cancers, ni de nombreuses maladies chroniques débutantes. Des symptômes qui durent doivent être explorés cliniquement, même lorsque toutes les lignes du compte rendu sont dans les valeurs usuelles.

Sources et références

Cet article est une information de santé et non un diagnostic médical. Discutez toujours de vos résultats avec un professionnel de santé.